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La Suède et moi

Un album de Cornelis Vreeswijk

18 Septembre 2013 , Rédigé par JacquesG Publié dans #Musique

Cornelis Vreeswijk (1937-1987), chanteur compositeur de langue suédoise, n'est pas connu en France, et pourtant il est célébré en Suède à l'égal de Bellman et de Evert Taube. Comme son nom le laisse penser, il est né aux Pays-Bas, et sa famille a émigré en Suède alors qu'il avait 13 ans. Alors qu'il ne parlait au départ pas un mot de suédois, il réussit parfaitement bien à l'école à force de travail personnel et de lectures. Son désir était de devenir journaliste, mais il fut handicapé par son manque de connaissances en sociologie. En 1953 se produisirent deux événement décisifs : il acheta sa première guitare, et entendit Georges Brassens sur Radio Luxembourg !

Vreeswijk en 1967

Vreeswijk en 1967

Parmi les influences de Wreeswijk, on peut citer la chanson française, le blues américain et les chants néerlandais. Il a commencé par imiter les musiciens de blues, mais s'est rendu compte très vite qu'à l'image de Brassens il pouvait composer ses propres textes ! Plus tard est venue l'influence de la samba. Ses interprétations de chansons américaines l'ont rendu célèbre auprès du public suédois, en particulier "Brev från kolonien" (Lettre de la colonie de vacances), que je trouve personnellement désopilante. Sa production personnelle est ensuite un mélange des traditions que j'ai citées et de la chanson suédoise : à l'image de Bellman, son oeuvre est parsemée de personnages récurrents tels Ann-Katrin et Fredrik Åkare, dans des chansons tendres, des ballades ou des satires au ton gouailleur.

Il est décrit par sa deuxième femme comme une personne très généreuse et on sait qu'il a mangé sa vie par les deux bouts. Ceci lui a valu des difficultés financières, des redressements fiscaux (il a payé des dettes jusqu'après sa mort) et de nombreuses tracasseries. Il fut aussi un hôte régulier des prisons, pour ivresse au volant, bagarres, menaces et blessures (ayant invité deux "filles" chez lui, il s'aperçut que c'étaient des travestis et les sortit avec fracas). Il a donc mené la vie d'un génie musical avec ses côtés sombres et son enthousiasme, et est reconnu en Suède comme l'un de ses plus grands "trubadur". Il n'a jamais obtenu la nationalité suédoise.

Un album de Cornelis Vreeswijk

Je viens d'acheter sur Soundike un album de Cornelis Vreeswijk, Bästa, CD 1. 21 titres de différentes époques et différentes factures. La première fois que j'ai entendu Vresswijk, c'était dans une interprétation d'un morceau des Fredmans Epistlar, où je l'avais trouvé remarquable. Je viens donc de découvrir l'étendue de son talent. Sa voix est inimitable, à la fois précise et profonde. Pour que vous vous fassiez vous-même une idée, j'aurais aimé joindre ici un des titres de l'album, mais cela ne semble pas être possible...

Par contre je peux joindre une vidéo du net, le titre figure d'ailleurs dans l'album !

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monika 05/10/2013 19:55

Il y a "les colonies de vacances " de Pierre Perret,c'est un peu plus "délicat", comme le français comparé au suédois. J'aime bien Cornelis Vreeswijk ,j'ai eu la chance de l'étudier un peu en apprenant le suédois à Rennes.

JacquesG 07/10/2013 14:44

Merci pour ce commentaire.
J'ai aussi pensé aussitôt à Perret en écoutant cette chanson !
Qu'est-ce qui est délicat, qu'est-ce qui ne l'est pas...? LOL