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La Suède et moi

Melancholia, de Lars von Trier

7 Août 2011 , Rédigé par JacquesG Publié dans #Cinéma

    Hier soir, à l'Eldorado de Dijon, avant-première du film de Lars von Trier, Melancholia. Il sortira en salle le 17 août. La salle était bien pleine, le public immobile et silencieux... La sonorisation de la salle ne rendait malheureusement pas justice à la bande son, surtout au début, où des effets dignes de Spielberg agressaient tant soit peu les oreilles. L'image, elle, était impeccable et magnifiait une recherche et un travail évidents sur les lumières.

 

    Difficile de parler de ce film sans aborder son sujet et dévoiler un peu l'histoire : heureusement, les premières minutes, avant le titre, livrent un condensé de ce que sera le film et sa fin (un peu comme dans Citizen Kane mais dans un tout autre registre!), ce qui fait qu'ensuite l'intérêt est purement psychologique, ce qui nous autoriserait à en parler quand même...  Mais je n'ai pas en fait l'intention de vous fournir un résumé ! Seulement quelques réflexions et impressions.

 

    Avec un titre comme cela, à la Tarkovski, on s'attendait effectivement à une dimension métaphysique. Et l'on n'est pas déçu : une noce sur fond de lourdes rancoeurs familiales, puis une malade prise en charge par sa soeur, ces deux parties étant filmées selon le Dogme (ou presque), s'insèrent dans le cadre cosmique de la collision de notre planète avec la planète Melancholia, filmé à la Kubrick. On ne peut guère imaginer de scenario plus grandiose ! Notons qu'entre ces deux niveaux, il n'y a absolument rien, le monde extérieur n'existe pas : entre le ballet cosmique et la société rassemblée pour la noce, il n'y a strictement rien, aucun intervenant extérieur, aucun lieu autre, si ce n'est à la fin l'allusion à un possible village. Il y a le manoir, et l'univers. Huis clos devant l'infini. Postulat génial !

 

    Deux choses m'ont frappé : le monde se réduit et les chemins ne mènent nulle part.                                             De la société rassemblée au début pour la noce, groupe sans réelle cohérence qui s'effiloche au fil des heures, il ne reste à la fin du film (c'est d'ailleurs une autre partie), que trois personnes, celles que le metteur en scène a choisies pour l'affrontement avec les forces du monde. Toutes les autres ont disparu, se sont évanouïes, ont été rejetées ou occultées. Et puis il y a ces chevaux qui refusent de franchir un pont sur un petit chemin, malgré les sollicitations des cavalières, et il se passera la même chose à la fin avec la voiture de golf lors d'une tentative de rejoindre un improbable village. Le monde a donc des culs de sacs, disons le comme cela, au delà desquels on ne peut aller, et cela répond aux impasses de la vie, la noce elle-même et la vie en général n'aboutissant sur rien et étant des tentatives avortées. Le microcosme est à l'image du macrocosme.

 

     Que dire d'autre ? Le personnage interprété par Kirsten Dunst, sur qui le film repose en très grande partie, est d'une richesse incroyable, le propos d'une profondeur abyssale, et la dernière scène est d'une terrifiante beauté. Lars von Trier nous captive jusqu'à la dernière seconde, alors que absolument tout est connu dès les premières minutes ! C'est vraiment là un tour de force cinématographique de premier ordre.  

 Slott.jpg

      Des scènes d'intérieur ont été tournées en Suède, dans les studios de Trollhättan (Film i väst) et les extérieurs également en Suède au château de Tjolöholm (Tjolöholms slott) dont voici l'adresse du site. On peut le consulter en suédois et en anglais. La photo ci-dessus est extraite de ce site.

      Je pense que ce film crée un choc et est d'une telle richesse qu'il ne pâtirait certainement pas d'une vision multiple. Je n'ai pas parlé de la polémique sur les déclarations de Lars von Trier, car ni l'une ni les autres n'éclairent en quoi que ce soit le sujet du film.

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Nicolas 18/10/2011 10:59


Ca donne envie de le voir, ce film! :)


JacquesG 18/10/2011 18:36



Merci !


Depuis, j'ai lu des critiques de gens déçus...



Thomas Grascoeur 13/08/2011 17:04


C'est vrai, un scénario grandiose et des moments sublimes..


JacquesG 13/08/2011 19:07