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La Suède et moi

Fadern, de Strindberg (Le père)

29 Septembre 2010 , Rédigé par JacquesG Publié dans #Livres

     Il y a dix jours, j'étais à Stockholm et j'en ai profité pour voir la pièce de August Strindberg, Fadern. Elle était donnée au Stadsteater, en plein centre-ville, devant une salle comble. J'ai pu avoir une place au dixième rang du parterre, ce qui est extrèmement favorable à la fois pour bien voir et bien entendre.

 

     J'avais lu la pièce il y a quelques années, et je n'ai donc pas eu de gros problèmes de compréhension, si ce n'est pour quelques répliques ou pour le rôle de la fille, qui parlait d'une manière qui m'était inintelligible... mais n'est-ce pas la même chose avec les jeunes de la rue? La mise en scène était moderne, simple, efficace et faisait magnifiquement ressortir le côté "huis-clos" de l'oeuvre. J'ai simplement regretté que le metteur en scène ait cru bon de faire entendre "Maintenant, que vais-je faire?" de Bécaud et "Paint it black"! Cette tendance semble assez répandue chez nous aussi d'ailleurs...

 

     Les deux acteurs principaux ont fait des prouesses : ils "vivaient" les rapports qui règnent à l'intérieur d'un couple, tels que les décrit Strindberg, avec une grande intensité, ces rapports allant de la froideur à la tendresse en passant par une extrême violence. J'ai lu par la suite que l'interprète du père rentrait effondré des répétitions, presque au bord des larmes.      Il y a des choses que l'on ne perçoit pas lors d'une simple lecture, et là j'ai découvert l'oeuvre, ou du moins la manière dont le metteur en scène la comprend : tout tourne autour du personnage d'un père un peu trop sûr de son rôle de père et qui va être complètement ravagé, déstabilisé, détruit par une remarque de sa femme sur la réalité de sa paternité. Elle n'avait sans doute que ce stratagème pour se défendre et garder sa fille à la maison, en tout cas l'effet dévastateur de la phrase va aller en s'amplifiant, le père va perdre tout bon sens et toute raison, va s'isoler dans sa folie, détruire ses livres de compte et redevenir un petit enfant auquel son ancienne nourrice n'aura aucun mal à passer une camisole de force, car il faut bien l'empêcher de se nuire! A la fin, c'est donc la femme qui aura le dessus et saura mettre tout le monde de son côté ; elle sort vainqueur de la confrontation, mais à quel prix!

 

 

Regi : Plilip Zandén

Ryttmäsraren (le père) : Kjell Berqqvist

Laura (la mère) : Eva Röse

Bertha (la fille) : Josefin Ljungman

 

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