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La Suède et moi

Le canard sauvage, de Henrik Ibsen

17 Avril 2014 , Rédigé par JacquesG Publié dans #Norvège, #Théâtre

Le canard sauvage, de Henrik Ibsen

Je n'avais jamais lu, et encore moins vu, la pièce donnée hier soir au Parvis Saint-Jean à Dijon : Le canard sauvage, de Ibsen. Je connaissais Maison de poupée et Hedda Gabler et bien-sûr Peer Gynt, dont j'ai parlé récemment. Ce fut donc une découverte que j'ai appréciée, bien que j'aie de plus en plus de mal à rester assis 2h30 sans bouger... Un court entracte aurait été le bienvenu.

La pièce est relativement complexe, mais Braunschweig l'a rendue accessible.

D'une part par une scénographie sobre mais efficace qui fait ressortir le lieu de vie de la famille Ekdal à la fois comme un enfermement et comme un lieu ouvert à tous les vents (on y entre comme dans un moulin et le fond s'ouvre sur une forêt de sapins). Et que dire de la projection vidéo de l'image du père Werle sur un grand écran d'avant-scène où il semble écraser tout ce qui l'entoure ? Une belle trouvaille !

D'autre part par un jeu d'acteurs bien senti et toujours juste (mis à part quelques cris sur la fin) avec un parti pris des plus pertinents : faire sentir, sous la banalité apparente des propos et des situations, que le milieu familial peut être le lieu de toutes les tragédies. Le personnage de Gregers, celui qui apporte le trouble, est traité avec une grande finesse.

Je ne me hasarderai pas à donner un jugement sur cette pièce. Je constate cependant un point commun avec Maison de poupée : bien des choses restent cachées dans la cellule familiale, jusqu'au jour où une vérité éclate. Et avec Strindberg aussi : comme dans Fadern, le père est ici dépossédé de ses certitudes et de son rôle de père, il est quasiment mis à l'écart. Sauf que dans la pièce d'Ibsen il est censé reprendre à la fin sa place dans le couple et oublier la tragédie avec le temps.

Canard sauvage. Au moins trois des personnages endossent ce rôle successivement dans la pièce : Hjalmar, le fils pris pour un prodige et qui se blesse finalement les ailes, Gregers, idéaliste qui s'impose une mission qui le dépasse, et Hedvig, enfant égarée sur cette terre et qui finit par subir le sort du canard "au fond des mers". Et le père Ekdal aussi sans doute, et le religieux... Chacun de nous ne serait-il pas à sa façon un "canard sauvage" ?

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